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La musique est nécessaire au drame. Elle donne l'atmosphère, le courant permanent qui continue quand les acteurs se taisent et auquel leurs paroles ne cessent de s'accorder. Elle n'a pas pour objet de soutenir et de souligner les paroles, mais de créer derrière le drame une espèce de tapisserie sonore, dont les ouleurs amusent et soulagent le spectateur et baignent de leurs reflets agréables l'aridité d'une discussion philosophique. C'est ainsi que le bruit d'un jet d'eau ou de cages remplies d'oiseaux se mêle agréablement à la conversation.
Il faut dans un drame ou dans une conversation que les acteurs ne parlent pas seulement, mais qu'ils écoutent, et qu'il y ait tout le temps autour d'eux non pas seulement quelque chose à voir, mais quelque chose à écouter.
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Il faut ce dialogue de la grêle voix humaine qui parle et de l'élément musical qui tantôt l'écoute et tantôt la submerge. D'autre part, je crois que la musique elle-même a avantage à laisser dans son tissu de grands trous vides sans qu'elle soit complètement absente pendant que ses forces s'accumulent et se préparent à de nouvelles charges ? Il faut qu'on la voie naître et que l'idée peu à peu devienne sentiment et puis tempête.
Paul Claudel
Mes idées sur le théâtre - Gallimard
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