Denis Zaidman - Jean Michel Deliers - Pascale Costantini - Jan Luc Lenoir
Le plus souvent châtelain, seigneur, prince, ou même roi, le "poète-trouveur" du Moyen Age n’interprète que très rarement ses
propres œuvres. C’est au ménestrel, au jongleur, qu’échoit cette tâche.
C’est lui qui va transmettre ce répertoire de province en province, de
la cour des Grands de ce monde aux fêtes les plus populaires, à travers
toute l’Europe, mêlant ainsi, sans autre but que celui de plaire et de
divertir, ce que nous appellerions aujourd’hui musique savante et
musique populaire.
C’est dans cet esprit que s'est créé l’ensemble in
Cortezia, afin de faire partager au plus grand nombre notre amour pour les répertoires médiévaux. À l'instar des ménestriers de
l'époque, nous nous devions d’être pluri-instrumentistes, chanteurs,
diseurs, afin de restituer dans sa plénitude la richesse d'un
répertoire d'une extrême diversité et d'un charme infini, tout en y
insufflant, de façon délibérée, la vivacité et le tempérament d’une
interprétation contemporaine pour un public d'aujourd'hui.
L'esthétique de la chanson courtoise, un des grands legs du Moyen Age, fut "inventée" au XIIe siècle par les troubadours, ces poètes compositeurs du sud de la France, qui s'expriment dans leur langue occitane d'alors.
L'art du trobador (ou de la trobairitz, si c'est une femme) est un discours sur la passion amoureuse (réelle ou fictive), une recherche de la Fin' Amor, à la fois "frontière ultime" et "raffinement" d'un amour extrême, à l'image de l'alchimiste médiéval en quête d'absolu. Poésie et musique sont indissociablement liées dans des chants d'une émotion intense.
L'ensemble in Cortezia présente un choix de ces "grands chants courtois", oeuvres des troubadours ou de leurs continuateurs de la France d'Oïl, les trouvères. Le concert propose également, en contre-point, des chansons d'un registre plus léger et popularisant, ainsi que des pièces instrumentales de danse.
Les Chemins d'Hespérie
Danses et chansons médiévales d'inspiration arabo-andalouse
Le concert Les Chemins d'Hespérie de l'ensemble in Cortezia illustre la fécondité de l'incessant métissage, typiquement méditerranéen, engendré au Moyen Age, d'une part, par les influences arabes, juives et chrétiennes dans la péninsule ibérique et, d'autre part, par la conjugaison du registre savant (la poésie des clercs) et du registre populaire, ou popularisant (l'art des jongleurs).
Le programme reflète la diversité de la création poétique et musicale médiévale "à la croisée des cultures" : Cantigas de Santa Maria d'Alphonse X le Sage, chansons profanes (Cantigas de Amigo de Martim Codax, chants judéo-espagnols), musique instrumentale d'inspiration arabo-andalouse.
Au service de ce répertoire, la voix et les timbres envoûtants des instruments anciens et orientaux se combinent en une alchimie sonore toute contemporaine, mêlant émotion poétique et joie intense.
Vox nostra resonet
Chansons de Pèlerins de St Jacques
Le Moyen Age, époque fervente, voue un culte ardent aux saints en général, et à St Jacques en particulier. Le pèlerinage à Compostelle, son tombeau supposé, est très pratiqué alors, qu'on l'entreprenne par pure dévotion pour "gagner son paradis" ou, plus souvent, qu'on en attende un miracle : une tradition féconde atteste en effet de l'efficacité de l'apôtre en matière de guérisons ou d'aides diverses, domaine où il est apprécié au même titre que la Vierge elle-même.
De nombreux manuscrits médiévaux ont conservé des pièces lyriques relatives au pèlerinage ou aux pèlerins, hymnes ou chansons, à une ou plusieurs voix, d'un registre para-liturgique ou plus profane, parmi lesquelles l'ensemble in Cortezia a puisé.
On entend au cours du concert des extraits des hymnes consignées au XIIe siècle dans le célèbre Livre de Saint Jacques (aussi dénommé codex calixtinus). Le programme propose également quelques uns des miracles figurant dans les Cantigas de Santa Maria d'Alphonse X le Sage (XIIIe siècle), ainsi que des chants de pèlerins tirés du Llibre Vermell de Monserrat (XIVe siècle). Enfin, des pièces instrumentales évoquent la Galice, le "bout du Chemin", et le monde arabo-andalou, alors tout proche.
Musicques pour le grant mangier des Roys
Chansons et musiques de réjouissance
Bannissant toute austérité, ce concert festif propose un plaisant florilège de pièces propres à esjouïr les aureilles et délecter le goust, à la gloire de la bonne chère, du bon vin, de la danse et des plaisirs qui se peuvent ensuivre, dont les exemples abondent au Moyen Age et à la Renaissance.
Pouvant embrasser une large période (XIIe-XVIe siècles), depuis les trouvères médiévaux jusqu'aux poètes et compositeurs contemporains de Rabelais, le programme présente un choix de chansons de bouche, chansons à boire, chansons "légères" ou coquines, chansons à danser et pièces instrumentales.
Élaboré autour du trio fondateur de l'ensemble in Cortezia (Pascale Costantini, Jean Michel Deliers et Denis Zaidman), ce concert se décline en plusieurs formules, pouvant faire appel à la délicatesse des cordes pincées (avec le concours de Jean-Luc Lenoir) ou renforcer l'éclat de sa palette sonore en intégrant un surcroît de "hauts instruments" – cornet à bouquin, sacqueboute(s), etc. Le programme peut ainsi, presque à la demande, être réalisé de multiples façons, et s'adapter au mieux aux projets des organisateurs et aux lieux qui peuvent l'accueillir.
Carmina Burana
Chansons des goliards des XIIe-XIIIe siècles
Découvert en Bavière au début du XIXe siècle, le manuscrit des Carmina burana (littéralement "chansons de Benediktbeuren"), constitue la plus importante collection de poèmes lyriques du Moyen Age et reflète les sujets d'intérêt (de tous ordres...) des clercs des XIIe et XIIIe siècles, qu’ils soient intégrés effectivement à la société d’alors, ou qu’ils soient des "vagants" marginalisés (goliards).
L’ensemble in Cortezia propose un choix de ces pièces, en les rendant accessibles au grand public d'aujourd'hui, pour qui c'est l'occasion d'un passionnant voyage dans l’univers médiéval, ainsi que l'opportunité de découvrir et apprécier les timbres évocateurs des nombreux instruments anciens utilisés.
Au cours du concert, se succèdent chants jubilatoires de fêtes, profanes ou sacrés, chansons d'amour, satires moralistes, chansons à danser, tout cela présenté avec une riche variété de coloris instrumentaux et vocaux, où les moments poétiques les plus subtils alternent avec les explosions de joie les plus communicatives.
Enfin, une véritable découverte des instruments de la musique médiévale
tout spécialement dédiée aux plus petits... et à leurs parents !
« Corne, corne, corneras-tu… »
A la demande du bon roi Potobert 1er, Arsène le lutin, avec l’aide de sa corne magique, part à la recherche des instruments de musique qui pourront accompagner la belle et douce princesse Azalaïs qui ne sait que chanter tout le jour.
Chemin faisant, nous ferons ainsi connaissance avec Derek le rebec, Arièle la vièle, Zabou la vielle à roue, Gédéon le psaltérion, Charlotte la rote, Babette la musette, Robin le hautbois des bois, la famille des flûtes et celle des percussions...
Pascale Costantini
chant, rebec, vièle à archet, flûte à bec
et la princesse Azalaïs
Jean Michel Deliers
vielle à roue, psaltérion, cornemuse, percussions, guimbarde, flûte à bec
et le Grand Crieur Sirkozar, Arsène le lutin
Denis Zaidman
flûtes à bec, chalémie, rote
et le narrateur
L'ensemble in Cortezia, outre ses concerts et spectacles, intervient aussi de multiples façons, avec toujours l'objectif de faire découvrir à un très large public la pérennité et l'actualité des musiques anciennes, au travers d'activités telles que :