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les extraits proposés ici sont des versions courtes de démonstration montées à partir des CD de la page discographie
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Aucun autre instrument médiéval ne peut prétendre avoir connu une telle diffusion et une utilisation aussi continue depuis le Moyen Age. Écosse, Irlande, France, Espagne, Italie, Bulgarie, Tchécoslovaquie. Hongrie, Pologne, Égypte sont parmi les nombreux pays dans lesquels différentes sortes de cornemuses sont toujours florissantes.
Bien que les origines de la cornemuse soient inconnues, son histoire remonte bien en deça du Moyen Age. Le grec Dio Chrysostom précise que Néron « jouait du pipeau avec sa bouche et le sac fourré sous son bras ». Cette association royale n'est pas faite pour nous surprendre. Au cours du Moyen Age, la cornemuse était loin d'être un instrument purement paysan : elle était écoutée et appréciée à tous les niveaux de la société.
Les raisons du développement de la cornemuse et de son énorme popularité ne sont pas difficiles à comprendre. La nature de toute musique à vent solo, aussi bien la musique de danse médiévale que la musique populaire, nécessite la production d'un son continu ; pourtant, il est impossible de parvenir à cela sans la technique orientale de respiration continue. Le sac de la cornemuse résout le problème : le joueur peut faire monter le flot d'air en écrasant le sac avec son bras pendant qu'il prend sa respiration pour renouveler sa provision d'air.
Le matériau le plus fréquemment utilisé pour la fabrication du sac est la peau entière d'un animal comme le mouton ou la chèvre. Les trous du cou et des pattes de devant servent à attacher les divers tuyaux de l'instrument. En dehors du sac, les seules autres caractéristiques qui soient communes à toutes les cornemuses médiévales sont le « porte-vent » par lequel le musicien insuffle l’air dans la poche, et le hautbois sur lequel il joue la mélodie, appelé « chalumeau ».
Le porte-vent contient un système simple qui permet au joueur de respirer. Une pièce de cuir fixée sur le porte-vent sert de valve, empêchant le retour de l'air. Quand le joueur souffle, elle s'ouvre ; quand il s'arrête, la pression d’air dans le sac oblige le clapet à se refermer.
Le chalumeau possède généralement sept trous pour les doigts et un trou pour le pouce. Le chalumeau de la cornemuse médiévale existait sous deux formes différentes, soit avec une perce cylindrique et une anche simple, selon la conception du pipeau à anche rustique, soit avec une perce conique et une anche double, suivant le principe de la chalémie.
Le tuyau qui produit le bourdonnement appelé « bourdon » est, dans la grande majorité des cas presque toujours cylindrique, et muni d’une anche simple. Pour permettre l’accord avec le chalumeau, le bourdon est fait de plusieurs sections coulissantes, de telle façon que le joueur puisse monter ou baisser la note en réglant sa longueur.
La cornemuse constitue un instrument idéal pour les danses en solo et la musique monophonique, mais elle semble avoir également pris part à la musique polyphonique. Guillaume de Machaut intègre la cornemuse à l 'instrumentation de sa propre musique, et bien qu'elle soit souvent représentée ou citée en compagnie d'autres instruments, il est difficile d'imaginer aujourd’hui l'utilisation de la cornemuse dans la musique polyphonique. D'ailleurs, les théoriciens médiévaux ne nous fournissent aucune aide en la matière.
La cornemuse est « au-dessus de tous les instruments » dit Jérôme de Moravia (vers 1250), se faisant l'écho de ce qu'avait dit John Cotton un siècle auparavant.
David Munrow
Instruments de musique du Moyen Age et de la Renaissance
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