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Ménestrier
ambulant, mi-mendiant mi-coquin, tout droit sorti de la « Cour des
Miracles », monde obscur et mythique où s'enseigne « l'art de la
disgrâce plus vraie que nature », Blondin Belœil, personnage imaginaire et
pourtant si réel, mainte fois représenté dans l’iconographie médiévale et
Renaissance, parcourt le monde, la vielle au col et la balle sur le
dos.
Semblant porter sur ses seules épaules toute la misère du monde, il va de
ville en village, de ferme en hameau, sillonnant la longue route de
Saint-Jacques, mendiant par-ci, grappillant par-là.
Effrayant, mais
fascinant, il ne peut que, bien malgré lui, attirer l'attention, là sous un
porche, ici au détour d'une venelle, au beau milieu du foirail,
à la sortie d'un office religieux ou bien encore sur une table de taverne,
toujours inquiétant et tourmenté.
Blondin
Beloeil donne sans conteste la « note juste » et
signifiante, le frisson et le réalisme dont a besoin toute manifestation médiévale ou Renaissance à la recherche d'une certaine authenticité.
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